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Exemple de la lavande Exemple du thym Exemple de la valériane Exemple de la mélisse

 

Les travaux menés sur lavande et lavandin : lutte contre le dépérissement

 

Les lavande et lavandin occupent des territoires difficiles du Sud-est français, sur des surfaces assez importantes : 3 500 ha pour la lavande, 15 000 ha pour le lavandin.

Ces productions sont non seulement confrontées à une concurrence de produits naturels réalisés par les Pays de l'Est (Bulgarie, Ukraine, Moldavie) ou d'Extrême Orient (Chine), voire par des produits de synthèse (cas du lavandin), mais sont sujettes à des dépérissements graves. Les cultures de lavande ont en effet présenté, depuis le début des années 90, une mortalité importante. Le lavandin, avec son homogénéité génétique (culture quasi monoclonale), court un risque sanitaire majeur.

lavandins

Les premières constatations faites dans les parcelles de lavande de population atteintes ont immédiatement laissé penser à une différence de sensibilité génétique au dépérissement : en effet, dans une même parcelle de population, certains plants meurent et d'autres ne meurent pas. C'est la raison pour laquelle un programme de sélection de variétés tolérantes a été lancé sans délai. Les programmes d'amélioration génétique et de création variétale ont démarré sur la lavande et le lavandin en 1994 avec de trois partenaires principaux, le Cnpmai, le Crieppam et la Chambre d'Agriculture de la Drôme. Ils ont été financés par l'Europe, l'Onippam, les collectivités territoriales du Sud-Est, le CIHEF (Comité Economique).

 

 

 

Résultats obtenus

 

Sur lavande, à partir d’une première base génétique (1994) de 400 plantes triées en parcelles dépérissantes (tolérantes au dépérissement), et sur leur productivité en huile essentielle in situ, le programme a permis de sélectionner de nouveaux clones d'une part, des variétés synthétiques diffusées sous forme de graines d'autre part (schéma de sélection généalogique maternelle récurrente).

serre1

 

Sur lavandin[1], le choix des schémas d'amélioration génétique et de création variétale retenus a été facilité par les travaux de l'INRA sur cette espèce au début des années 70 lorsque le clone de lavandin de l'époque (Abrial) a été décimé par un dépérissement à mycoplasmes. L'obtention de quelques triploïdes avait été couronnée de succès.

L’iteipmai a donc suivi la méthode mise au point à l'époque, avec prospection de lavandins productifs sur sites spontanés, doublement chromosomique des meilleurs (restauration de la fertilité), croisement de ces lavandins tétraploïdes par des lavandes fines (pool de 7 lavandes) connues pour leur tolérance au dépérissement, leur productivité, leur qualité d'essence et recherche, dans les descendances, de lavandins triploïdes.

Près de 400 lavandins triploïdes de première génération ont ainsi été obtenus en 1999, et triés. Les 30 meilleurs d'entre eux sont, depuis 2005, en évaluation sur 3 sites du Sud-Est sur les critères de tolérance au dépérissement, productivité en huile essentielle, qualité des essences. 90 nouveaux lavandins triploïdes ont également été obtenus sur une base génétique un peu différente, (base Grosso), en 2005, et sont eux-aussi en cours d’évaluation dans le Sud-Est.

Perspectives

Pour les deux espèces, lavande et lavandin, l'innovation génétique est sans précédent. La mise en œuvre, pour chacune de ces deux espèces, d'un réservoir génétique permettra de poursuivre l'adaptation des variétés aux conditions de production. Actuellement, une nouvelle variété de lavande est en cours de création. Celle-ci devrait être tolérante au dépérissement à phytoplasmes et à la sécheresse.


[1] Le lavandin est un hybride stérile, issu d'un croisement interspécifique entre lavande fine et lavande aspic.

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Les travaux menés sur le thym de la garrigue provençale

thym
 

En France, même si le thym est encore récolté dans les garrigues, il est aujourd'hui principalement cultivé et provient presque exclusivement de quelques clones (typés chimiquement sur le plan de l'odeur). La multiplication végétative (bouturage) de ces variétés clonales présente l'inconvénient de transmettre les maladies dont certaines sont fort gênantes pour la pérennité de la culture.

 

Résultats obtenus

Suite à un premier programme de sélection de 5 ans, des variétés hybrides, diffusées sous forme de graines, ont été créées par l’iteipmai. Ces variétés présentent une bonne qualité de produit (saveur du thym de la garrigue) et permettent d'éviter, en partie, les problèmes de dépérissement des cultures.

Depuis 2003, un nouveau programme de sélection du thym de Provence est mené par l’iteipmai, en collaboration avec le Cnpmai et la Chambre d’Agriculture de la Drôme. La première phase du travail, démarrée en 2000, a consisté à rassembler la variabilité génétique la plus large possible de l'espèce Thymus vulgaris L. Une prospection a ainsi été organisée par le Cnpmai en France, en Espagne et en Italie : 130 populations de thym ont été mises en culture pour pré évaluation. Cette phase a été prolongée par l'évaluation de pieds individuels de chacune des populations : 550 pieds ont été passés au crible sur 2002-2003. Les meilleurs d'entre eux ont ensuite été clonés et envoyés dans le Sud-Est pour évaluation en condition de production.

 

Perspectives

Un clone de la première série semble particulièrement intéressant. Il présente un potentiel de productivité en feuilles sèches et de richesse en huile essentielle tout à fait intéressant. Ce clone pourra être multiplié et proposé aux producteurs pour une évaluation multilocale de pré-développement.

Les autres clones les plus intéressants de cette série serviront à alimenter un pool d’individus qui intégreront le programme de création de nouveaux hybrides de clones à partir de 2010.

Les travaux menés sur valériane officinale

 

valriane

L’activité sédative de la valériane et de ses extraits est vraisemblablement liée à la teneur en acide valérénique même si la démonstration objective reste à faire. Plante largement répandue dans toute l'Europe, sauf dans les régions méditerranéennes, la valériane croît dans les milieux humides et frais.

1 200 tonnes de racines sèches sont produites en Europe sur environ 400 ha. En France, les superficies cultivées sont d'environ 50 à 80 ha dont les 2/3 en Anjou.

 

Résultats obtenus

Le programme de sélection engagé dans les années 90 sur la valériane officinale a permis d'accroître les teneurs en huile essentielle de 20 % et celles des dérivés cyclopentane-sesquiterpéniques (CPST) de 28%. La variété Valia est aujourd'hui largement diffusée auprès des adhérents de l'iteipmai.

 

Perspectives

La perspective d'une amélioration de cette variété, créée à l'époque sur une base génétique relativement étroite, mais aussi la volonté des producteurs de valériane de disposer d'une variété riche en principes actifs et plus facile d'exploitation (morphologie racinaire présentant une grosseur de racines plus importante facilitant le nettoyage de celles-ci et permettre ainsi un gain de rendement en racines) nécessite un nouveau programme de sélection. Ainsi, une nouvelle variété est en cours de création : sa diffusion auprès des adhérents de l’institut est prévue pour 2013.

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Les travaux menés sur la mélisse officinale

 

Une première étude menée avec l'ENSIAIA de Massy et la société Robertet de Grasse (financement AQS, 2002) avait montré l'intérêt d'une nouvelle source d'antioxydants naturels, la mélisse officinale, espèce 2 à 3 fois plus intéressante que la plante de référence, le romarin.

Depuis, l’iteipmai évalue les facteurs de variabilité des teneurs en principes recherchés (acide rosmarinique et autres dérivés dihydroxycinnamiques) de la mélisse pour les optimiser : génétique, techniques de production,…

 

Résultats obtenus

Les travaux ont été menés sur les variétés de mélisse, sélectionnées par l'iteipmai pour des objectifs qualitatifs différents (huile essentielle), et sur la collection des clones conservés. Ils ont permis les conclusions suivantes :

 

  • les feuilles de mélisse sont plus riches que les tiges (2 à 6 fois plus, tant en acide rosmarinique qu'en dérivés dihydroxycinnamiques) ;

  • sur le plan génétique, des variations existent entre clones (21 clones testés sur 2 ans), mais l'effet année est encore plus important ;

  • les étages foliaires ne se distinguent que peu sur leurs teneurs en principes recherché. Le système d'exploitation de la mélisse (nombre de coupes) pour la production d'antioxydants naturels a également des répercussions importantes sur la richesse des matières premières destinées à l'extraction.

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Perspectives

Ces travaux se prolongent actuellement, avec approfondissement des connaissances sur les conditions optimales de production des antioxydants de la mélisse, recherche des autres molécules explicatives des pouvoirs antioxydants des extraits (en dehors de l’acide rosmarinique).

 

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